Des ressources naturelles sous haute tension
L'équilibre écologique de l'île est bousculé par des facteurs bien concrets. La croissance démographique soutenue et l'étalement urbain, souvent informel, saturent les infrastructures de collecte et exercent une pression critique sur les sols, la distribution d'eau potable et les forêts d'altitude, en particulier autour de l'agglomération de Mamoudzou.
Déboisement et érosion
Le défrichage des pentes abruptes pour l'agriculture informelle met la terre à nu et forme des padzas, ces étendues de terre rouge sans végétation. À chaque saison des pluies, les averses lessivent les sols et entraînent des coulées de boue rougeâtre.
Envasement du lagon
Cette terre emportée par l'érosion se déverse dans les rivières, puis dans le lagon. Elle provoque un envasement progressif du lagon qui asphyxie les barrières de corail et dégrade les herbiers marins : un cercle vicieux pour tout l'écosystème.
Une forte dépendance aux pluies : l'essentiel de l'eau potable provient des rivières et des retenues collinaires, complétées par des forages et une usine de dessalement. La distribution reste donc très sensible aux saisons sèches.
Un enjeu logistique majeur : faire disparaître les décharges sauvages et empêcher les plastiques d'atteindre les plages de ponte.
Mangrove littorale de Longoni. Photo : 976-Mayotte.yt
La mobilisation pour la résilience du territoire
Face à ces menaces, les institutions et les citoyens se mobilisent pour construire un modèle de développement plus respectueux de la biodiversité.
Le Parc naturel marin
Créé en 2010, le Parc naturel marin de Mayotte couvre l'ensemble des eaux de l'île, bien au-delà des 1 100 km² du lagon. Il encadre les activités de pêche, surveille la santé des récifs et coordonne les usagers de la mer pour garantir une exploitation durable de la ressource océanique.
Reforestation citoyenne
Soutenus par le Conseil départemental et des réseaux associatifs locaux, des chantiers de replantation d'arbres endémiques ciblent les bassins versants pour stabiliser les sols. Ces opérations sont souvent ouvertes aux bénévoles.
Vulnérabilité face au changement climatique
La saison cyclonique, de novembre à avril, expose régulièrement l'île à des régimes de pluies extrêmes. Le passage du cyclone Chido en décembre 2024 a rappelé brutalement la vulnérabilité de l'île face aux phénomènes climatiques extrêmes. Il souligne la nécessité de repenser l'aménagement du territoire, de préserver les mangroves, qui atténuent les vagues, et de renforcer la culture du risque auprès de la population.
Sources et vérification
- Parc naturel marin de Mayotte - Légifrance - Météo-France