L'équilibre écologique de l'île est bousculé par des facteurs anthropiques immédiats. La croissance démographique soutenue et l'étalement urbain, souvent informel, saturent les infrastructures de collecte et exercent une pression critique sur les sols, la distribution d'eau potable et les forêts d'altitude, en particulier à la périphérie de l'agglomération de Mamoudzou.
Le défrichage des pentes abruptes (les padzas) pour l'agriculture informelle met la terre à nu. Lors des moussons, les pluies torrentielles lavent les sols, entraînant des coulées de boue ferreuses.
Cette terre emportée par l'érosion se déverse directement dans les rivières puis dans l'océan. Elle provoque un envasement progressif du lagon qui asphyxie les barrières de corail et détruit les précieux herbiers marins.
Une dépendance absolue aux eaux de surface (rivières et retenues collinaires), rendant la gestion de l'eau potable ultra-sensible à la météo.
Un enjeu logistique colossal pour éradiquer les décharges sauvages et empêcher les plastiques d'atteindre les plages de ponte.
Photo : Mangrove littorale de Longoni à Mayotte
Face à ces menaces, la réponse institutionnelle et citoyenne s'organise pour bâtir un modèle de développement respectueux de la biodiversité mahoraise.
Créé dès 2010, cet organisme gère les 1 100 km² de lagon. Il régule les activités de pêche, surveille la santé des récifs et coordonne les usagers de la mer pour garantir une exploitation durable de la ressource océanique.
Soutenus par le Conseil départemental et des réseaux associatifs locaux, des chantiers de replantation d'arbres endémiques ciblent les bassins versants afin de stabiliser les terres et recréer des barrières naturelles.
La saison cyclonique (de novembre à avril) expose régulièrement l'île à des régimes de pluies extrêmes. Le passage mémorable du cyclone Chido en décembre 2024 est venu rappeler la fragilité structurelle de Mayotte face au dérèglement global. Il souligne l'urgence absolue de repenser l'aménagement du territoire, de préserver les mangroves (véritables atténuateurs de vagues) et de renforcer la culture du risque auprès des populations locales.